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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 17:10
Château néogothique de Sarcignan. La municipalité veut désormais détruire ce château

Château néogothique de Sarcignan. La municipalité veut désormais détruire ce château

Villenave d’Ornon, château de Sarcignan

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Le château de Sarcignan fut construit en style néogothique entre 1860 et 1870 par Philippe Alary Lamartinie, ancien conseiller municipal de Villenave d’Ornon, petite ville située près de Bordeaux et en plein domaine de Pessac-Léognan, même s’il se trouve aujourd’hui à proximité d’un environnement urbain dégradé. Ce bel édifice, typique de la région, est situé au milieu d’un parc et possède des dépendances du XVIe siècle. Le tout a été acquis en 1985 par la commune qui a transformé les communs en salles de réunion et d’exposition.

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La municipalité veut désormais détruire ce château pour construire une maison des associations. Nous avons voulu interroger la mairie, sans résultat, comme c’est souvent le cas dans ce type d’affaires. Des articles de presse locale, notamment l’interview du premier adjoint au maire dans Sud-Ouest le 24 juin 2015, donnent leurs arguments : la mairie veut construire une maison des associations. Et pourquoi ne pas créer cette maison dans le château ? Impossible explique l’adjoint. La restauration du château coûterait selon lui 1 million d’euros, et il serait impossible d’utiliser l’étage « la structure interdisant la création d’une cage d’ascenseur. » Rémi Delabres, président de l’association des architectes du patrimoine, qui connaît bien le dossier, nous a répondu que les arguments de la mairie étaient erronés. Sur l’impossibilité de construire un ascenseur, il nous a affirmé que « de nombreux bureaux d’études s’appuient sur des normes qui s’appliquent au neuf mais qui n’ont en revanche aucun caractère obligatoire dans le bâti ancien. Je ne vois ici aucune difficulté à installer dans ce château un ascenseur. Je rajouterais qu’il serait tout à fait possible d’aménager le grand volume qui se trouve sous les combles » Sur le coût, qui reviendrait à dépenser 3100 €/m2, il nous a répondu : « À titre d’exemple, je livre actuellement un chantier de reconversion d’un monument historique des XVe et XIXe siècles en Conservatoire de musique et de danse à Thouars dans les Deux-Sèvres. Pour des exigences beaucoup plus fortes et des performances très élevées (acoustiques et énergétiques notamment), nous sommes pourtant sur un coût au m2 ne dépassant pas les 1800 € HT. » Il conclut : « la Mairie n’a manifestement pas fait appel aux professionnels compétents pour intervenir sur le bâti ancien. Il existe pourtant des architectes spécialisés, dont une vingtaine en Aquitaine, pour intervenir sur de tels projets. Cette formation post-diplôme de deux années est dispensée par le Ministère de la culture à l’Ecole de Chaillot où de nombreux architectes étrangers viennent également se former »

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On retrouve ici un cas de figure fort proche de l’église Saint-Jacques d’Abbeville : une municipalité veut détruire un bel édifice néo-gothique (ici un château, là une église) en prétextant un état et des coûts de restauration très éloignés de la réalité et en soutenant qu’il n’a aucune valeur. « Je rappelle que le château n’a pas d’intérêt architectural » ose ainsi affirmer le premier adjoint, qui ajoute « il n’a jamais été répertorié ». Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Comme nous l’a fait remarquer Rémi Delabres : « Un tel château aurait dû au minimum faire l’objet d’une protection dans le cadre du PLU de la Commune car il présente avec son parc un intérêt patrimonial et paysager indéniable pour la Commune et l’agglomération bordelaise. ».

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Nous pensions, à tort évidemment - nous sommes parfois d’une naïveté coupable - que le vandalisme monstrueux qui sévit actuellement au Moyen-Orient allait inciter les politiques de tout bord (et la ministre de la Culture qui s’en indigne bruyamment) à ralentir le rythme des destructions du patrimoine en France. C’était évidemment ridicule. Les démolisseurs restent des démolisseurs, c’est hélas dans leur nature. Les associations (la SPPEF, « Les amis du château de Sarcignan » et la Société archéologique de Bordeaux notamment) vont essayer de s’opposer à cette destruction qui peut intervenir à tout moment à partir du 10 août, sans grand espoir de réussir. Signalons tout de même une pétition (une de plus) mise en ligne ici, qui en un mois a réuni plus de 7 000 signatures.

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Didier Rykner, lundi 27 juillet 2015 La Tribune de l'Art

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Morceaux choisis

Le Collectif Citoyen Talençais

Le Collectif Citoyen Talençais et les Municipales de Mars 2014 -  confer le Dazibao n° 20

Quinze ans d’engagements, de combats de citoyens qui ont voulu « se mêler de ce qui les regarde », c’est-à-dire de la vie de leur commune, et ceci au-delà des échéances électorales.

Des citoyens organisés en associations, pour s’opposer à des projets néfastes pour la commune, comme la destruction du patrimoine architectural et végétal communal (école Joliot-Curie, maison Labro, parc Sourreilh, bois Lafitte, prairie Bel Air ...), pour demander une vraie politique en matière de déplacements doux (pont St Marie, vélos...), contre la malbouffe et les passe-droit (Mac Do), pour sauvegarder l’école maternelle Picasso, pour exiger une offre de logements variée et arrêter la densification galopante via des projets immobiliers profitant d’abord aux promoteurs.

En 2002 ils ont créé des Conseils de quartier, un réseau inter associatif d’information et d’échange la CoorCiTal, et un journal citoyen, Dazibao.

Ce combat et cet engagement associatif, ont abouti à la création du Collectif Citoyen Talençais avant les élections municipales de 2008. Nous avons proposé notre plate forme et nos idées en matière de services publics de proximité, de déplacement, de logement, d’équipement collectif, de démocratie participative associant l’expertise et le diagnostic des citoyens au pouvoir représentatif...

Notre conseillère municipale, Petra Rosay, a porté ces idées au sein de l’opposition de gauche pendant ces six dernières années.

Aujourd’hui, face à la liste de droite dirigée par A. Cazabonne, la gauche n’a pas réalisé l’unité. Le CCT, refusant d’ajouter à la confusion, tient cependant, à travers ce journal, à contribuer à la nécessaire alternance.

Pour les élections de 2014, il va de soi que nous souhaitons toujours la sortie des sortants : qu’ils partent avec leurs amis promoteurs, leur clientélisme, leurs consultations bidons… 30 ans ça suffit! Il faut une alternance à Talence, le renouvellement infini des mandats facilite la corruption et la professionnalisation de la politique, tout le contraire de ce que nous revendiquons.

Le collectif citoyen remet en débat ses propositions pour Talence. Il continuera à jouer son rôle en défendant ses propositions quels que soient les vainqueurs de l’élection par l’information, l’éducation, la mobilisation. Il sera avec les Talençais qui veulent développer le bien être collectif.

30 ans ça suffit !  Profession, homme politique. Trente ans de pouvoir, dans la même majorité municipale de droite, sans partage, sans alternance, depuis 1983. Trois mandats de Maire, 1995-2001, 2001-2008, 2008-2014, c’est aussi cela le cumul des mandats, le cumul dans le temps.

Six ans, le mandat électif le plus long de nos institutions républicaines avec celui des sénateurs, une éternité lorsqu’on le triple.

Le pouvoir très étendu d’un Maire, « un roi en son royaume » déterminant pour notre vie locale, notre quotidien, notre environnement.

Le pouvoir d’un patron de majorité, qui vous assure 80% des sièges au conseil municipal si peu que vous ayez une majorité dans les urnes, qui vous permet de gouverner pratiquement sans contrepouvoir.

On peut rêver mieux pour une démocratie moderne surtout lorsqu’elle est locale.

« Une ville c’est un laboratoire de la démocratie et du vivre ensemble » dit notre bon Maire, oui mais sans changer le patron, juste en faisant tourner les citoyens dans leurs tourniquets !

Durer.

Durer en politique c’est un objectif qui  finit par devenir une obsession, une maladie qui vide de son sens la démocratie, qui se nourrit de clientélisme, de copinage et de réseaux. Chez nous à Talence c’est M. Chamakh, footballeur et bâtisseur, ce sont les 600 000 Euros de subvention municipale pour l’Ecole des sports motorisés, les permis de construire à gogo pour quelques promoteurs immobiliers qui ont rempli notre commune d’immeubles de 5 étages et demi et de résidences hôtelières...

Durer en politique c’est aussi finir par ultra personnaliser la fonction, imposer ses vues, se complaire dans l’absence de débat contradictoire et démocratique.

Durer en politique, c’est faire  de la commune, son domaine, son territoire, son fief, conçu par vous, selon vos goûts, les administrés devant s’adapter.

Changer.

Changer c’est casser les réseaux constitués au long cours et ça fait un bien fou à la démocratie et aux citoyens.

Faisons un geste pour la démocratie locale, Talence a vraiment besoin d’alternance.

30 ans ya basta !          

Café philo Citoyen Talençais

la 3ème tribune citoyenne de Talence

Vous recevez chaque mois dans votre boîte aux lettres le « CITÉ MAGAZINE » de la Mairie de Talence et vous pouvez y lire en dernière page deux tribunes libres, celle des élus de la gauche talençaise jouxtant celle des élus du groupe majoritaire. Ces derniers, disposant de la version adverse plusieurs jours avant de rédiger la leur, peuvent donc répondre sur la même page sans crainte d’être contredits, assurés d’avoir le dernier mot. Maintenant, vous trouverez sur le blog du « Journal Dazibao », chaque fois que cela sera nécessaire, une « 3ème tribune libre citoyenne » qui remettra les Talençais dans le rôle d'arbitre, comme il se doit en toute bonne démocratie.

Tribune libre citoyenne d'Octobre 2013

Tribune libre du CCT de Mai 2012.

 

 

 

 

La démocratie

" La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l'urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis se désintéresser, s'abstenir, se taire pendant cinq ou sept ans. (...)

La démocratie n'est efficace que si elle existe partout en tout temps. Le citoyen est un homme qui ne laisse pas aux autres le soin de décider de son sort commun. Il n'y a pas de démocratie si le peuple n'est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tels "

Pierre Mendès-France ( la république moderne 1962 )